Dimanche 30 octobre 2011 7 30 /10 /Oct /2011 10:06

salut la compagnie!

une petite news matinale pour un dimanche^^

n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez (même si vous trouvez que c'est nul XD)

bonne lecture

 

 

 

« Qu’est-ce que tu vas faire ?

         _ Hein ? »

         Nous sommes quasiment nus et étendus sur le lit de Saï. Bien qu’étroit pour deux, nous parvenons à y tenir confortablement en nous serrant l’un contre l’autre. Je ne me suis pas endormit longtemps et, à mon réveil, mon nouveau petit ami était toujours là, comme s’il n’avait pas bougé d’un poil.

         « Ce Stephen, tu vis avec lui si je ne me trompe pas.

         _ Exact. Et ?

         _ Et ? Tu ne te rappelles pas m’avoir dit que c’est lui qui t’a mis dans cet état-là ?

         _ Si c’est lui. »

         Saï se détourne et lève les yeux au ciel. Quoi ? J’ai dit quelque chose de bizarre ?

         « Non mais je rêve, soupire-t-il, et s’il recommence ?  Mince comme tu es il n’aura aucun mal à te casser en deux ! 

         _ Il ne recommencera pas.

         _ Ah oui ? Et qu’est-ce qui te fait dire ça ? Il est plein de remords peut-être ? Ironise-t-il.

         _ S’il recommence, je le tuerai. »

         Sur le moment Saï ne réplique pas. Au contraire, il me regarde fixement comme s’il voulait juger de la sincérité de mes paroles. Ma foi, c’est vrai que Saï connait peu cette partie violente de moi-même, il doit avoir du mal à m’imaginer poignarder quelqu’un. Pourtant, je l’ai déjà fait.

         Il soupire finalement, visiblement exaspéré.

         « Très drôle. Dans le premier cas, tu n’arriveras pas à lui faire quoi que ce soit parce qu’il est certainement beaucoup plus fort que toi, dans le deuxième tu le tueras effectivement et finiras le reste de tes jours en prison.

         _ Tu penses que je ne le ferai pas ? » Gronde-je, frustré qu’il ne me pense pas capable de tuer Stephen si ça semblait nécessaire.

         Il sursaute et se retourne vers moi, un air un peu furieux sur le visage.

         « J’espère bien que tu ne le feras pas ! Il manquerait plus que ça. Non, il faut trouver une autre solution. Ce Stephen, c’est lui qui vit chez toi n’est-ce pas ?

         _ C’est ça.

         _ Alors mets le dehors, tout simplement.

         _ Je ne peux pas.

         _ Pourquoi donc ? »

         C’est à mon tour de soupirer, peu désireux de commencer à lui expliquer le pourquoi du comment de chaque chose me concernant. Et puis ce sont mes affaires, de quoi se mêle-t-il ?

         …Ah oui, c’est mon petit ami.

         « Parce que ce serait trop facile. Et puis il ne m’obéirait pas, il faudrait que ce soit mon père qui l’oblige à partir.

         _ Il t’a frappé ! Ton père ne va pas l’accepter quand même ?

         _ Il serait bien capable de le féliciter, marmonne-je.

         _... »

         Saï finit par se rallonger et, à son regard, je vois qu’il réfléchit.

         « Tu pourrais rester ici » fait-il.

         A cette hypothèse, j’éclate tout bonnement de rire au point de m’en serrer les côtés. Saï rougit légèrement et se renfrogne.

         « Quoi ?

         _ A deux ? Ici ? Dans ce truc de neuf mètres carré, à deux ? »

         Et je continue à rire. Il faut dire que l’idée me parait tellement ridicule que je ne vois pas comment m’arrêter.

         « Oh ça va ! » Bougonne Saï en me jetant son oreiller en pleine figure. 

         Déjà déséquilibré je glisse du lit et tombe par terre en emportant la moitié des couvertures avec moi. Toujours hilare, cette chute fait doubler mes rires alors que je masse distraitement mon dos endoloris. 

         « Mais tu vas arrêter oui ? C’était juste une hypothèse.

         _ Oui, oui, j’arrête… sois pas vexé. Mais quand même, vivre à deux ici… Ma chambre fait au moins trois fois la taille de la tienne.

         _ Alors on n’a qu’à vivre chez toi.

         _ …Hein ? »

         Le pire, je crois, c’est qu’il me regarde sérieusement. Il s’est assis sur le lit et me regarde droit dans les yeux. J’arrête vite de rire mais ne fais pas mine de remonter et reste installé par terre.

         « Tu veux vivre chez moi ? C’est bizarre, je croyais que tous les couples attendaient au moins plusieurs mois avant d’habiter ensemble, fais-je ironiquement.

         _ Je ne voulais pas dire m’installer ! Juste pour la semaine par exemple, le temps que tu trouves un moyen de virer ce Stephen. »

         Je le regarde un moment. Vivre avec Saï ? L’idée, en réalité, n’est pas mauvaise du tout. D’abord ça m’éviterait les déplacements jusqu’à chez lui, et surtout, ma chambre est effectivement trois fois plus grande. Ensuite cela veut dire qu’il partagerait mon lit n’importe quand dans la journée, la soirée, ou même la nuit. C’est en soi l’un des points positifs principaux.

         Et puis justement, il y a Stephen. Je sais déjà à quel point il peut être jaloux de Saï alors si ce dernier vient vivre chez moi… C’est un moyen de vengeance comme les autres, après tout, et pas l’un des pires.

         « Juste cette semaine alors ? Demande-je, faisant mine de réfléchir.

         _ Juste cette semaine.

         _ Mm… ce n’est pas une mauvaise idée. »

         Saï repousse les couvertures, un sourire sur les lèvres, et vient s’agenouiller à côté de moi. Il passe un bras derrière ma nuque, me regardant fixement, alors que ses doigts effleurent lentement ma lèvre tuméfiée. Je reste immobile, un peu étonné, mais le laisse faire. Son regard semble perdre de sa lueur à mesure qu’il me fixe et contemple les séquelles des coups de Stephen.

         « Ça fait mal ? Demande-t-il.

         _ Non, ça parait juste douloureux, ironise-je, mais Saï ne ris pas.

         _ S’il te touche encore, tu n’auras pas à le tuer, c’est moi qui le ferai. »

         A me regarder comme ça droit dans les yeux il a l’air drôlement sérieux. Ses prunelles, d’ailleurs, sont emplies d’un éclat franc qui me déstabilise légèrement.

         « Vraiment ? Fais-je dans un murmure.

         _ Tu ne me crois pas ?

         _ Tu ne me croyais pas non plus.

         _ Je suis très sérieux. »

         La perspective de voir quelqu’un tuer pour moi n’est pas déplaisante, pourtant, l’annonce de Saï ne me met pas de bonne humeur. C’est moi le psychopathe, le fou, le sadique, pas lui. J’ai du mal à croire qu’il puisse cacher ce genre de pulsion derrière son visage angélique et ses traits fins.

         Saï m’embrasse. Pas voracement, non, il semble mettre toute son âme dans son baiser et je dois reconnaître qu’il embrasse divinement bien. Ses mains glissent sur mes épaules, les miennes commencent à s’aventurer dans sa direction lorsque les vibrations de mon iPhone nous interrompent.

         « Ça fait un moment qu’il sonne, fait Saï en se détachant de moi, qui c’est ? »

         Je soupire, frustré, et me penche sur le téléphone. L’appel est de Stephen, dix appels en absence. Diable, qu’est-ce qu’il veut encore ?

         « Alors ? »

         Je regarde Saï, l’iPhone, puis le lui tends.

         « Quoi ?

         _ C’est Stephen, fais toi plaisir.

         _ Hein ? »

         Je souris d’un air entendu et je vois que Saï comprend ce que je veux dire. Il prend le téléphone, lui aussi animé d’un sourire, et répond.

         « Allo ?

         _...

         _ Jun est sous la douche, c’est Saï.

         _ …

         _ Hein ? »

         Moi qui m’attendais à une scène de provocation alléchante, je suis plutôt déçu, Saï n’est pas à la hauteur de mes espérances. Il garde un moment le silence, au point que je m’inquiète un peu, jusqu’à ce qu’il me regarde.

         « Il dit que ton père a appelé plusieurs fois et qu’il est en rage. Il veut que tu rentres immédiatement au manoir. Ca à l’air plutôt sérieux. »

         Je jure. Pourquoi faut-il toujours que mon paternel gâche mon plaisir ? Enervé, je prends l’iPhone des mains de Saï et le porte à mon oreille.

         « Je vais appeler mon père, le reste ne te regarde pas, fais-je sèchement.

         _ Attends Jun… »

         Mais je raccroche au nez de Stephen puis compose le numéro de mon père. C’est son portable professionnel, mais peu importe, c’est le seul numéro que je possède et le seul moyen de le joindre. D’ailleurs, a-t-il mon numéro ? Il ne me contacte jamais directement.

         Saï me regarde silencieusement alors que la sonnerie retenti dans le vide pendant deux bonnes minutes. J’allais raccrocher –pourquoi donc est-ce que je patienterai si longtemps ?- lorsque j’entends la voix de mon père répondre. Je suis quasiment certain qu’il décroche si tard volontairement.

         « Junya ?

         _ C’est moi.

         _ Où est-ce que tu es ?

         _ Bonjour à toi aussi, fais-je ironiquement.

         _ Ne commence pas. Tu as déjà oublié ce que je t’ai demandé ?

         _ Rester avec Stephen, oui, sauf que je n’en ai pas l’intention.

         _ Je te déshériterai. »

         Sa voix n’est qu’à peine menaçante. En réalité, ce n’est même pas une menace, c’est un fait qu’il établit avec une dureté et une simplicité qui me glace et m’empli de colère. Ce n’est pas qu’il s’inquiète pour moi, ce n’est pas qu’il veut me discipliner. En réalité, il ne veut sans doute même pas me contrôler tant il se moque éperdument de moi.

         « Alors fais-le. »

         Je l’entends soupirer. Ma réponse ne le mets même pas en colère, elle ne fait que l’exaspérer.

         « Je reviens demain au manoir, si les choses ne sont pas arrangées d’ici là tu ne feras plus partie de la famille. »

         Et il raccroche. L’estomac tordu, une envie de pleurer entêtante me tenaillant, j’attends quelques secondes avant d’abaisser le téléphone. Ce n’est pas la haine qui m’envahie mais une vague de déception que je surprends toujours plus intense chaque fois que je constate de la froideur de mon père.

         « Jun ? »

         Je lève les yeux vers Saï comme un enfant prit en faute puis soupire imperceptiblement. Je n’ai pas envie de parler, je ne veux pas non plus de réconfort ni de pitié, alors j’étire un large sourire pour faire bonne figure.

         « Rien d’important. »

         Saï me regarde avec de grands yeux sans même chercher à faire semblant de me croire.

         « Vu la tête que tu fais permets moi d’en douter.

         _ Je t’ai dit que ce n’était pas important, rétorque-je un peu sèchement.

         _ Quand mon père m’a mis dehors je disais à tout le monde que ce n’était pas important. »

         Sa réplique me parvient sur le ton d’un constat murmuré d’une voix tranquille mais grave. Elle m’exaspère tout en me déstabilisant. Avec cette simple phrase Saï contre toutes mes hypothétiques ripostes, expliquant implicitement qu’il voit totalement clair dans mon jeu et qu’il peut me comprendre, parce que lui aussi connaît parfaitement cette situation.

         Je reste un court instant silencieux avant de répondre :

         « Alors qu’est-ce que tu veux que je te dise ?

         _ Je ne sais pas, ce que tu veux dire.

         _ Mais je ne veux rien te dire, fais-je froidement, parce que tu ne pourrais rien y faire et que ça ne te regarde pas.

         _ Bien sûr que ça me regarde, je suis ton petit ami, réplique-t-il un peu vexé.

         _ Etre mon petit-ami ne veut pas dire que tu peux te mêler de mes affaires.

         _ Si justement, c’est le propre d’un petit-ami.

         _ Alors je n’en veux pas !

         _Hey ! »

         A voir le léger tremblement de ses lèvres entrouvertes et la lueur dans ses yeux, je l’ai blessé davantage que je ne l’aurais voulu. D’ailleurs, je ne voulais pas le blesser, je voulais juste qu’on laisse tranquille parce que je n’ai pas l’habitude qu’on s’occupe et qu’on s’intéresse sincèrement à moi.

         Il reste silencieux un moment, me regardant droit dans les yeux. Ce regard qu’il me lance à quelque chose d’insupportable, mais je n’arrive pas à comprendre pourquoi.

         « C’est tout ce que je représente pour toi ? Fait lentement Saï, la voix étrangement aigue.

         _...C’est pas ça…

         _ Si je veux que tu me parles c’est pour ton bien, pas pour me mêler de tes affaires.

         _ Ecoute ! Fais-je plus fort pour qu’il me laisse parler. Ce n’est pas contre toi d’accord ? C’est juste que j’ai l’habitude régler mes problèmes seuls, je n’aime vraiment pas qu’on se mêle de mes affaires.

         _ Je ne me mêle pas de tes affaires, se défend -il, je voulais juste que tu me parles. Se confier ça fait du bien aussi.

         _ …D’accord, j’ai réagi trop vite alors ne le prends pas mal. On vient juste de commencer à sortir ensemble alors n’essaie pas d’en vouloir trop et trop vite. »

         Je ne suis pas certain, non, je suis certain que Saï ne comprend pas ce que je suis en train de dire, pourtant il hoche la tête.

         « …Il suffit que tu m’expliques, d’accord, je ne te forcerai pas à me parler.

         _ Et tu ne pourras pas non plus venir chez moi. …Au téléphone c’était mon père, il rentre demain et ça risque d’être un peu houleux. »

         C’est un énorme euphémisme et ce subit retour, alors qu’il a l’habitude de rester plusieurs semaines absent, n’annonce rien de bon et me donne des sueurs froides. Saï hoche à nouveau la tête et cette fois n’essaie pas d’en savoir davantage. C’est bien, il comprend vite.

         Saï s’approche de moi et passe un bras chaleureux autour de mes épaules, me serrant contre lui. Je comprends par ce geste qu’il cherche à me réconforter et à me soutenir, geste en soi plus important que n’importe lesquelles de ses paroles.

         « Tu repars chez toi alors ?

         _ Pas tout de suite, fais-je avec un sourire étonnamment sincère, mon père rentre demain, pas ce soir.

         _ Ça veut dire qu’on a encore du temps devant nous ? Demande-t-il, un sourire plein de sous-entendu sur le visage.

         _ Ça veut dire qu’on a encore des heures. »

         Nous nous sommes lentement rapprochés et nos lèvres se frôlent alors que je prononce cette dernière phrase. Le bras gauche de Saï toujours autour de mes épaules, sa seconde main  soulève mon débardeur blanc et glisse sur mes hanches, puis vient presque gracieusement effleurer mon menton, suffisamment pour que je relève la tête et que nos lèvres entrent en contact.

         Ce baiser de surface à quelque chose d’incroyablement sensuel qui m’électrise tout entier et m’empli d’une vague de désir brûlant.

 

        

         Je dis au revoir à Saï d’un autre baiser, quittant sa chambre sans vraiment savoir quand je pourrai le revoir.

         « Tu m’appels ? Fait-il.

         _ Pourquoi ? Ris-je, je vais te manquer tant que ça ?

         _ Tss, idiot, assure-moi juste que tout va bien. »

         Je me contente d’un autre sourire, un peu amusé par son inquiétude mal dissimulée, puis reprends le volant de ma voiture, un étrange goût amer dans la bouche à l’idée de le quitter pour n’aller au-devant que de problèmes supplémentaires.

        

        

 

 

Par saya - Publié dans : Rose blanche (en cour)
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Dimanche 23 octobre 2011 7 23 /10 /Oct /2011 09:52

Une petite suite en ce dimanche matin ensoleillée (enfin chez moi) et qui met de bonne humeur.

Bonne lecture^^

 

 

                   _ Ça ne va pas ?

                La question qui fait mal parce qu’elle semble toujours hypocrite. Vincent tique. Pourtant l’adolescent semble sincère tout en étant légèrement mal à l’aise de l’interroger. Après tout, ils ne se connaissent pas. Sur le moment le garçon ennuie Vincent.

                Mais il se tourne vers lui et le regarde avec un peu plus d’attention. Sa silhouette nerveuse, ses épaules fines sous sa veste trop légère, ses mains crispées l’une contre l’autre. Il se laisse aller sans chercher à comprendre, et répond :

                _ Non.

                Il baisse les yeux et soupire. Ce simple « non » semble faire émerger en lui tous ses soucis et ses douleurs, il les ravive comme un souffle de vent sur des braises encore chaudes. Il s’attend presque à ce que l’adolescent lui demande pourquoi mais ce dernier garde le silence, ce dont il lui est grès. Le garçon à un regard à la fois triste et rêveur qui lui donne un air sans âge.

                Mais il a une attitude blasée, commun avec tous les adolescents. A quinze ou seize ans, lui aussi devait être dans un état semblable, songe Vincent. Alors, dans un élan incompréhensible, ce dernier lève une main et écarte une mèche trempée du visage de son voisin. Le garçon tourne la tête vers lui, surprit, mais ne dit rien.

                _ Ça ne va pas, non, répète Vincent d’une voix lasse.

                L’adolescent est toujours silencieux et se contente de le regarder.

                _ Mais tu dois être trop jeune pour comprendre.

                _ Les jeunes aussi ont leurs problèmes, et ils ne sont pas futiles, murmure-t-il, puis ajoute avec un demi sourire : et puis, je ne suis pas beaucoup plus jeune que toi.

                Effectivement, Vincent à la vingtaine. La remarque du garçon l’énerve autant qu’elle l’amuse. Il n’a pas besoin qu’on le contredise, même sur un sujet aussi insignifiant.

                _ Fiche moi la paix.

                Le ton de Vincent est plus las que sec et cassant et l’adolescent doit s’en apercevoir. Il est fatigué et blessé et, si la présence de l’adolescent est parvenue quelques instants à le distraire de son trouble, ce dernier revient au galop.

                _ Qu’est-ce qui t’es arrivé ?

                L’adolescent parle décidément lorsque Vincent s’y attend le moins, et de ce qu’il attend le moins. Est-ce sa curiosité qui parle ? Le jeune homme tique, il n’est pas là pour l’amuser. Il lève les yeux vers l’adolescent mais ce dernier le regarde avec une sincérité presque candide, sans doute déplacée et naïve. Alors il change et pose une question :

                _ Tu as déjà été amoureux ?

                L’adolescent secoue négativement la tête.

                _ Bien sûr. Alors tu ne peux pas comprendre.

                _ Je suis jeune mais pas stupide, réplique l’adolescent, sans doute un peu vexé par la remarque.

                _ Non, tu es ignorant…

                Mais Vincent ne veut pas lui parler de sa douleur. Le fait que l’adolescent ne veuille pas comprendre l’énerve au plus haut point. Ne comprend-il pas la chance qu’il a d’être ignorant ? Faut-il qu’il se montre si curieux et fasse remonter la souffrance à la surface ?

                Alors le jeune homme se lève brutalement, sentant l’émotion et la peine reprendre le dessus. Il part, il ne veut pas nouer de liens, il veut juste être seul, seul avec ses larmes, encore. C’est un battant d’ordinaire, mais la faculté de combat nécessite du temps et ce temps n’est pas encore écoulé. Pour le moment la douleur est vive et Vincent, après avoir traversé la rue, sent qu’il n’en peut plus. Il s’adosse contre le mur et se laisse glisser au sol, pleurant comme s’il avait encore des larmes à pleurer.

 

 

 

 

Par saya - Publié dans : une lettre d'adieu, réécriture (en cour)
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  • saya
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  • étudiante de 19 ans passionnée par l'écriture et le yaoi.
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Ce blog contiendra des fictions yaoi, c'est à dire qu'il mettera en scène plus ou moins explicitement des relations entre hommes. Aux homophobes, ou ceux qui ne seraient pas à l'aise avec ce genre d'écris, merci de quitter le blog et bienvenue aux autres.

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